Spotlight : Le nouvel an

Ce que je vais vous raconter là est une légende urbaine comme une autre.

C'est l'histoire d'un homme solitaire.
Ce type, il ne sortait que quand c'était nécessaire. Il avait deux semaines de vacances ? Il passait ces deux semaines chez lui à faire toujours la même chose.
Depuis des années et des années sa routine était la même : il se levait, se brossait les dents, il affrontait le boulot, il rentrait, se lavait, mangeait, il jouait sur son pc.

Pas le genre de type à tailler une bavette, le genre à se foutre d'être seul.

Au bas mot ? Ça faisait 14 ans qu'il passait le réveillon et la nouvelle année totalement seul.

Un soir de nouvel an, il était chez lui à jouer à WoW.
Ça faisait quelques jours qu'il était en arrêt, à jouer à n'importe quelle heure. Sachant que le lendemain il allait reprendre le travail, il alla se coucher tôt, vers 23h30.

Il ne trouvait pas le sommeil, quelque chose le distrayait, une sorte de sentiment qui le mettait trop mal pour dormir.
Il tentait de lutter, mais changeant de position dans son lit, il entendit le battement de son cœur contre le matelas ...
C'est qu'il battait trop vite pour que l'homme puisse dormir.

Il décida d'attendre mais Morphée ne l'acceptait toujours pas.


Alors il alla à sa fenêtre, vida son cendrier, et s'en grilla une.
Il retourna dans son lit plus serein, mais rien n'y faisait, son cœur battait toujours aussi vite.

Au plafond il remarqua un point rouge lumineux immobile, il se frotta les yeux, toujours là.
Alors il se leva d'un bond et regarda autour de lui, c'était le reflet de la led de son enceinte encore allumée. Il alla se recoucher.

Attendant sans parvenir à trouver le sommeil, il tournait en rond, jusqu'à ce qu'un coup d'oeil sur le réveil lui indiqua qu'il était 1h30. jugeant qu'il ne trouverait pas le sommeil ainsi, il lui fallait autre chose.
On ne peut pas dormir si on passe des heures à ruminer des pensées ...

Épuisant une de ses autres technique pour trouver le sommeil, il décida de se masturber, souvent ça marche pour dormir, non ? Approchant 2h, il sentait ne pas être plus proche du sommeil.

Il entreprit alors de jouer sa dernière carte, sachant qu'une seule des techniques qu'il avait employées suffisait, en tant normal, à le faire s'endormir.

Il se leva, avança vers le bureau et saisit son mp3, revenant sur son lit, il entendit un étrange son en même temps que ses pas, comme des goûtes, quelque chose de trop anodin pour être inquiétant, mais d'assez particulier pour être signalé.

Se couchant accompagné de musique, quelque chose le travaillait trop pour qu'il puisse juste se décontracter...
Le poids de temps d'années de solitude sans doute.

Il attendait, mais toujours pas capable de se laisser apaiser.
Les piles de son mp3 commençant à le lâcher, il se leva pour le poser sur son bureau, mais marchant jusque là ...

Ses pas faisaient du bruit, mais il y avait des craquements trop forts pour qu'ils viennent uniquement de lui.

Le mp3 sur le bureau, il resta immobile à coté de celui-ci pour s'assurer que les bruits étaient bien ses pas, sait-on jamais.

Il était 3 heures 05 et pas le moindre son ne se faisait entendre. Il avança doucement dans son lit, se disant pour se rassurer:

"Après avoir passé autant de temps à écouter de la musique à si bas volume, mon cerveau me joue un tour..."

Chacun de ses pas avait l’écho d'un bruit plus important, jusqu'au dernier le ramenant sur son lit.
C'était un bruit de vitre se brisant.

Totalement paniqué, le pauvre type réagit pourtant avec une certaine logique.
Il s'arma d'une latte qu'il arracha à son lit et descendit au rez-de-chaussée de sa maison, là où il y avait son téléphone.

En bas, il n'y avait personne. Pas de verre au sol, en revanche ...
Il y avait des flaques sales et des traces de pas.
Elles menaient du placard à la porte de devant.
 
Soit l'on avait marché à l'envers, soit quelqu'un était sorti du placard.
Alors il ouvrit calmement la porte.

Et il y trouva tout ce dont il rêvait au plus profond de lui sans jamais se l'avouer.

L'assurance de ne plus jamais être seul.

Plus jamais.

Texte écrit sur le forum Pavorem

Spotlight : Joue-le encore

Ça aime la musique. Ça adore plus particulièrement le piano.

Une nuit, très tard, aux environs de deux heures du matin, j’étais toujours éveillé et surfais sur internet en écoutant de la musique. C’était une nuit normale ; je commençais d’ailleurs à sentir la fatigue peser sur moi, mais je fus retenu par une vidéo intéressante sur Youtube qui s’appelait « La chanson la plus facile à jouer au piano, apprenez CE SOIR ! (Easiest Song to Play on the Piano! Learn TONIGHT! ) »

Je n'étais pas très doué pour jouer du piano, mais j’avais essayé d’apprendre, en particulier depuis que j’avais hérité du vieux piano du salon de ma défunte grand-mère. Il avait été fabriqué en 1928, mais il était toujours en excellent état. Je décidai de regarder la vidéo juste pour voir à quel point il était facile d’apprendre la chanson.

Sur la vidéo, des mains blanches jouaient une mélodie ancienne autour de la touche centrale de Do. La chanson était extrêmement simple, mais elle avait quelque chose… d’étrange. D’exaspérant. Mais j’aimais ça.

Je mémorisai les accords et les notes, me levai de devant mon ordinateur et quittai la pièce. Le couloir était plongé dans l’obscurité, seule ma veilleuse qui tremblait à la manière d’une bougie laissait filtrer une faible lueur jaune dans un coin. Je descendis doucement le couloir en tâtonnant le mur à la recherche de l’interrupteur qui, je le savais, devait se trouver par ici…

Clic ! Trouvé.

Le couloir fut empli de lumière, mais ce n’était pas rassurant. Un court instant, j’eus l’impression d’apercevoir quelque chose. Quelque chose… de petit. Blanc, peut-être. Pas comme un esprit ou un fantôme et pas comme une personne, mais c’était petit et… Probablement juste mon imagination qui me jouait des tours avec la lumière.

Je me frayai un chemin dans notre salon. Lui aussi était plongé dans le noir. Notre plafond était tellement haut qu’il n’avait jamais été possible de l’apercevoir sans lumière, pourtant l’obscurité qui régnait n’était pas naturelle. C’était le genre d’obscurité que l’on pouvait sentir.

J’allumai la petite lampe qui se trouvait non loin du piano, ouvris le clavier et jouai quelques gammes pour me dérouiller les mains. Tandis que je jouais, j’appuyais sur la pédale afin d’ajouter de l’écho à ce que je jouais. Cela résonnait presque comme… un bruit continu d’inspiration… expiration… inspiration… expiration…

Je m’arrêtai et écoutai. Pas un bruit. Rien qu’un épouvantable silence.

Je commençai à jouer la chanson que j’avais apprise sur internet. Les notes étaient magnifiquement fluides et se succédaient harmonieusement. Je pouvais me rappeler sans mal quelle touche je devais presser. C’était extrêmement simple. En fait, quelqu’un aurait très bien pu jouer cette chanson accidentellement, sans même s’apercevoir que c’en était une.

Lorsque la chanson fut terminée, je me redressai sur mon siège, satisfait.

Et je l’entendis de nouveau, qui provenait du couloir.

Comment cela était-il possible ? Je me levai et quittai la pièce, me dirigeant prudemment vers ma chambre, d’où la musique semblait filtrer. Je vis mon ordinateur qui jouait de nouveau la vidéo sur Youtube. La page s’était probablement rafraîchie toute seule.

Et la musique repartit une fois de plus. Cette fois-ci, elle venait du piano. Dans le salon.

Je fus pétrifié. Je ne pouvais pas esquisser un mouvement. Je recommençai doucement à traverser le couloir sombre… Je retournai dans notre vaste salon – tandis que, tout du long, le piano continuait de fredonner ce nouvel air à glacer le sang.

J’atteignis le coin d’où je savais que je pourrais voir le piano, rassemblai tout mon courage et me retournai pour regarder.

La musique cessa instantanément, et je ne pus rien apercevoir dans l’immédiat.

Lorsque je regardai de plus près, je vis quelque chose de blanc… de petit, presque de la taille d’un enfant… Un être qui se tenait dans le coin obscur… qui me souriait.

Cela susurra, dans un faible bruit distordu.

« Joue-le encore… » 

Texte traduit par Magnosa.

L'original n'est plus disponible.

Au pied de mon arbre

Je vis dans une belle petite maison en pleine campagne, et je ne peux pas dire que j’ai une enfance malheureuse. En effet, mes parents m'ont toujours laissé carte blanche pour pratiquer mon loisir favori : me promener à travers plaines et forêts. Mes journées consistent donc à vagabonder dans les bois et les champs en quête d’aventure, et surtout à la recherche de grands arbres à escalader, car il n 'y a pour moi de sensation plus grisante que d'admirer le paysage assis sur une branche à plusieurs mètres du sol, voire plus, si l'arbre le permet.

Ainsi donc, ce soir-là, après une journée pluvieuse, le soleil finit malgré tout par percer à travers les nuages, m'offrant enfin l'opportunité de m’enfoncer plus profondément que d'ordinaire dans la forêt, dans l'optique de battre mon record de hauteur. Je commence donc à traverser les champs, impatient à cette idée, et atteins rapidement l’orée du bois, dans lequel je m'engage sans hésitation. Je marche longuement, cherchant l'arbre le plus haut possible parmi ceux que je n'aurais pas encore escaladés, tandis qu'autour de moi, le feuillage s'est fait de plus en plus serré, et le ciel de plus en plus sombre. Au bout d’un long moment, je finis enfin par me retrouver dans une partie de la forêt que je ne connais pas particulièrement. À vrai dire, je n’y suis allé que deux ou trois fois, car la végétation y est plus épaisse, il y fait plus sombre et j’en ai… peur. Mais ce soir, pas question de faire demi-tour, j'ai un objectif à remplir. Malgré l'appréhension qui me tenaille le ventre, c'est la tête pleine de rêveries et les oreilles remplies du chant des grillons que je continue d’avancer. 

Après seulement quelques minutes, j’aperçois une silhouette massive qui se dresse à quelques mètres devant moi. En levant la tête, je me rends compte qu’il s’agit d’un arbre gigantesque, bien plus haut que tous les autres que j’ai déjà escaladés, si haut que sa cime semble disparaître dans la brume du soir qui tombe lentement sur la forêt. Impressionné, je pousse un « Wouah ! » d'admiration et entreprends immédiatement son ascension. Il ne fait pas encore tout à fait noir et le début de mon parcours s’avère facile. Je trouve des branches suffisamment solides et ma montée se passe bien, même si le bois est encore humide. Je suis à environ six mètres de hauteur et j’ai déjà du mal à voir le sol. Levant encore une fois la tête vers la cime de l'arbre, je pousse un sifflement aigu en me rendant compte que sa taille va même au-delà de ce que j'imaginais. Je progresse encore de quelques mètres, bien que mes bras commencent à me faire souffrir, avant de tourner la tête pour me retrouver face au soleil couchant, lequel semble raser le feuillage des arbres en contrebas. Je me rends alors compte que j’ai battu mon record, heureux. Mais ma joie ne dure pas longtemps : je n’ai pas encore atteint le sommet, et c'est frustrant. Levant à nouveau la tête, je m’aperçois avec déception que les branches situées plus haut paraissent assez fines et difficiles d’accès. Je décide donc de prolonger ma pause afin de profiter encore un peu de la vue, avant de me rendre compte que le soleil a totalement disparu derrière les collines. Malgré la température optimale, je frissonne en sentant soudainement un courant d'air glacial me caresser la nuque. Je me rends alors compte que je suis exténué, et suis pris d'une subite envie de descendre au plus vite de cet arbre.

Cependant, ce sentiment ayant disparu aussi vite qu'il était arrivé, je suis rapidement gagné à nouveau par ma "folie des grandeurs" et décide, contre toute attente, de poursuivre mon ascension. Alors, revigoré par ce petit temps mort, je me relève en m'aidant du tronc et commence à me déplacer autour de celui-ci, tentant de repérer les branches les plus solides. J’effectue ainsi un demi-cercle autour du large tronc avant de m’arrêter net ; ce que je viens de voir à trente centimètres de mon nez me fait rater un battement et je perds l’équilibre, pris d’un hoquet de surprise . Avant de pencher dangereusement en arrière, j’ai le temps d’apercevoir la silhouette sombre d’un pendu qui se balance tout près de moi. Visiblement, il est mort il y a très peu de temps, ne dégageant pour l’instant aucune odeur particulière. Je n’ai pas le temps de détailler cette masse informe que je tombe déjà lestement. Pendant ma chute, je parviens malgré tout à me raccrocher à une branche, mais je suis encore à plusieurs mètres du sol. Cependant, ce répit est de courte durée.  J'entends un craquement sinistre et je comprends que ma branche est en train de lâcher. Levant la tête vers la cime, désespéré et effrayé comme jamais, je croise à nouveau le regard mort du pendu qui, en une fraction de seconde, se change en un rictus dérangeant. Les yeux brouillés de larmes, me raccrochant à la branche comme je le peux, il me semble apercevoir brièvement ses yeux scintiller dans la nuit. Déstabilisé, je n'entends pas cette dernière céder en un ultime craquement. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qu’il m’arrive que j’atterris lourdement sur le sol, et perds connaissance.

Je reprends conscience après ce qui me semble être une éternité. Pourtant, il fait encore nuit. Tout mon corps me fait souffrir et mes os craquent de partout, mais j’arrive tout de même à me relever. Et là, une fois de nouveau face à l’arbre, une brusque et très forte envie de remonter me prend aux tripes ; piqué par une curiosité malsaine, je dois absolument savoir s’il s’agit réellement d’un cadavre en haut de l’arbre ou dû fruit de mon imagination débordante. Poussé par ce mystérieux élan, je recommence alors mon ascension sans un regard en arrière, me sentant léger comme une plume. Je grimpe étonnamment vite, et sans m’en rendre compte, je me retrouve bientôt face à l'objet de ma curiosité. Heureusement, la brume nocturne s’est dissipée, me permettant de voir clairement dans la nuit. Je me rends compte que le prétendu cadavre n’est en fait qu’un grand sac poubelle noir et vide accroché à une branche, probablement par le vent. Je comprends alors en un éclair que le visage menaçant que j’avais entrevu tout à l'heure n’était sans doute du qu’au jeu de lumière de la lune à travers les nuages et les feuilles. Je me sens terriblement bête. Honteux, je décide de redescendre lentement en prenant soin de choisir des branches bien solides. Au moment où je baisse la tête pour prendre mes repères, je m’arrête net de nouveau. Je viens d’apercevoir en contrebas mon corps désarticulé et sans vie gisant au pied de l’arbre.

Texte de Samtiti

Spotlight : Le cauchemar

La nuit était à son heure la plus sombre, nous étions le 4 Avril 2011. Une jeune demoiselle était allongée dans son lit, la lumière éteinte. Et ne croyez pas qu'elle dormait, non, elle était simplement sur son ordinateur en train de discuter avec deux amis, dont un avec qui elle parlait au téléphone en même temps.

Tout se passait bien, la discussion était intéressante, mais la jeune fille n'était pas trop à l'aise dans sa chambre. Celle-ci n'avait rien de spécial, juste que, peut-être, une rénovation aurait été la bienvenue. De plus, une pièce sombre était attenante à celle-ci : c'était celle de son frère, à présent parti de la maison. Le fait qu'elle fût vide ne plaisait pas trop à notre demoiselle, c'était sûrement car elle la rendait mal à l'aise.

« Euh, Mélissa, c'est pas pour te faire peur, hein, mais, y a des espèces de petits bruits derrière toi.
Dimitri, c'est juste mon chat, c'est rien ! »

Un rire un peu moqueur s'échappa des lèvres de la jeune fille, mais bizarrement, après cette phrase, elle se sentit mal à l'aise, car elle avait déjà eu l'occasion d'entendre des bruits de ce genre-là. Étrangement inquiétée, elle alla en faire part à un dénommé Eliot, un de ses amis à qui elle se confiait souvent à propos de cela. Celui-ci avait un don pour la rassurer et lui changer les idées en sortant des phrases qui n'avaient ni queue ni tête.

Mais cette fois-ci, le jeune garçon n'arrivait pas à la rassurer, de plus, les bruits s'amplifiaient peu à peu, ce qui ne rassurait pas du tout Mélissa. Cependant, cette dernière, ne voulant pas y croire ou plutôt, voulant se forcer à ne pas y croire, se dit que c'était ses deux chats.

Le problème : ces deux derniers étaient immobiles dans la pièce, l'un couché auprès d'elle et le second dans une boîte à chaussures dans un coin. Ce ne pouvait donc pas être eux, et elle le savait.

Et de nouveau, des bruits de coups sur le mur, comme si on le martelait. Ça tambourinait assez fort. 
« Et là, tu vas me dire que c'est les chats?... » se plaignit Dimitri qui, visiblement, se sentait mal à l'aise également, et cela se ressentait dans sa voix.

Elle aussi d'ailleurs. Un rire, nerveux cette fois-ci, s'échappa de ses lèvres alors qu'un frisson glacial lui parcourait l'échine. La jeune fille souffla doucement pour se calmer et ferma les yeux.
 
« Bon, Dimitri, ce n'est pas que tu m'embêtes, mais je vais raccrocher, je pense que ça sera mieux pour toi.
Ah? D'accord, comme tu voudras, ma petite, si tu as un quelconque souci, n'hésite pas à me rappeler ! »

Dès qu'elle eut raccroché, elle poussa fébrilement un soupir. Toujours pas rassurée, elle continuait de parler avec Martin et lui décida de lui expliquer la situation pour tenter d'obtenir une explication. Voire même une aide ! Mais ce dernier lui répondit simplement qu'elle devait rester calme et oublier ça. C'était sans doute son imagination qui lui jouait des tours.

Mélissa tenta de penser à autre chose pour s'évader, mais un bruit sourd la fit sursauter. La main sur son cœur, qui battait fort maintenant, elle regarda autour d'elle, mais rien. Paniquée, elle appela Eliot en lui disant qu'elle n'en pouvait plus et que sa voix pourrait sans doute la réconforter.

« Euh, Eliot, c'est... Bizarre...
Hm ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je viens de recevoir un message, d'un numéro que je ne connais pas...
Il dit quoi, ce message.
« J'espère que tu as un mur derrière toi »...
Oui, en effet, c'est bizarre.
Bon... Je vais raccrocher et dormir, ça serait mieux...
Fais de beaux cauchemars.
Oui, toi aussi... »

Elle ferma son ordinateur et le rangea sous son lit comme à son habitude, puis déposa son portable sur la table de nuit avant de soupirer et de s'allonger en se recroquevillant sous les draps. Elle ferma les yeux et tenta de s'endormir.

Mélissa fronça les sourcils. Des bruits sourds résonnaient de chaque côté, ça tournait, c'était étrange, malsain. Son cœur battait à un rythme irrégulier et tapait fort contre sa poitrine. Elle était en train de cauchemarder.


Un homme, il était grand. Très grand même, imposant. Et il avançait lentement vers elle, vers son lit. Une chansonnette se fit entendre dans la pièce, un sourire étrange, des yeux perçants, un air glauque. Il s'approchait, de plus en plus. Son bras droit se leva, dévoilant un poignard. Et soudain il asséna un coup et c'est dans un hurlement déchirant l'ombre que la jeune fille se réveilla.
Mélissa suffoquait, elle avait peur, tellement peur qu'elle se leva, complètement désemparée, et courut jusqu'à la pièce d’à côté, celle qui l'effrayait. Son visage se figea lorsque qu'elle releva la tête. Sa maison... Elle avait changé, rien n'était pareil, même sa chambre d'où elle sortait il y a à peine trente secondes. Son regard se dirigea vers la chambre d'à côté.
Une petite fille au teint livide dormait sur le lit. Mélissa recula vivement, apeurée. Elle revint ensuite jusqu'à sa chambre pour retourner dans son lit mais... Un petit garçon, tout aussi pâle, y dormait déjà.

Mais que se passait-il... La jeune fille était perdue.

De nouveau, elle recula et alla dans l'autre chambre où dormait la petite fille. Prenant son courage à deux mains, elle approcha et regarda la petite fille avant de poser sa main sur la sienne. Puis d'un coup, elle se réveilla et hurla à mort au visage de Mélissa.

Frôlant la crise cardiaque, la jeune fille s'éloigna vivement avant que le père ne rentre pour prendre la petite dans ses bras pour la consoler. Cette dernière maintenant calmée alla dormir avec son frère dans l'autre chambre. C'est alors que le regard de la jeune fille se tourna vers le calendrier.

«  28 Juin 2013 »

C'est à ce moment là qu'elle comprit. Ce n'était pas un cauchemar, elle n'était pas simplement en train de dormir... C'était la réalité.

Mais que s'était-il passé ? Qu'est-ce qui lui était arrivé? C'était une bonne question et Mélissa voulait savoir. La jeune fille alluma la lumière et regarda autour d'elle. Des photos. Elle se précipita et les examina. Elle était dessus, elle et sa famille. C'était bizarre de voir ça ici, dans une maison totalement différente. C'est alors qu'elle regarda dehors, elle vit un jardin. Un jardin broussailleux qui n'avait pas l'air entretenu. Elle descendit voir un peu et s'arrêta net devant quatre tombes. Son regard parcourait les écritures, les noms, puis se stoppa.

« Mélissa Lacroix »

Elle était morte. Et elle ne s'en souvenait même pas, quel funeste destin.
Elle examina ensuite la photo sur la tombe: elle était défigurée, son visage était tailladé, plein de cicatrices, ses cheveux noirs étaient en bataille. Elle était devenue affreuse...

Mais alors que les larmes roulaient sur ses joues en regardant le nom de ses parents, une tristesse noire s'empara d'elle. Elle était prête. Prête à tuer la personne qui avait fait ça. Mais seulement, qui avait pu faire ça ? Serait-ce vous… ?


Faîtes bien attention aux bruits étranges dans votre chambre, elle est peut-être juste derrière vous.

L'auteur n'a pas signé ce texte

Spotlight : Insomnia

Je m’appelle Thomas, j’ai actuellement 16 ans et, faisons simple, je ne dors plus : je fais partie du club très fermé des insomniaques. Quand on est insomniaque, on ne sait jamais si on est vraiment réveillé ou endormi. La première fois que j’ai fait cette découverte, c’était dans ma chambre il y a quelques mois,  je ne savais même plus quand j’avais dormi pour la dernière fois, voire si je l’avais seulement déjà fait récemment. Mes amis ne me reconnaissaient plus, voire s’éloignaient de moi. Ma famille m’a emmené voir tous les spécialistes de Paris mais aucun n’a trouvé pourquoi je ne dormais plus. Et je ne voulais pas essayer de dormir ailleurs que chez moi, tout simplement car c'est l'endroit le plus calme que je connaisse. J'ai donc continué de « dormir » à la maison pendant quelques temps, je dormais 30 minutes par jour, c'était peu, mais je devais tenir, et j'ai tenu. Pendant plus d'un mois, mes 30 minutes m'ont suffi pour vivre. Mais je ne sortais plus, je ne jouais même pas aux jeux vidéo. Je restais dans mon lit. Je ne sais pas comment ça s'est passé, mais il y a 2 semaines, j'ai commencé à avoir des migraines, des picotements dans les jambes, j'étais mal. Pendant 3 jours, je dormais de plus en plus mal et j'avais du mal à bouger mes jambes. Mais tout a vraiment pris un autre tournant il y a 5 jours.
Je ne pouvais plus fermer les yeux. C'était impossible, ça me déchirait la paupière à en saigner.
On m’a emmené dans un hôpital, j'ai été mis en quarantaine, mais j’avais bien moins de calme que chez moi. Chaque spécialiste se pressait pour me voir, voulant trouver ce que j’avais pour avoir leur nom sur ma maladie inconnue. Deux jours de traitements et d’insomnie pure, de découragement de la part des scientifiques, et aussi deux jours pendant lesquels j'ai commencé à halluciner ainsi qu’à avoir des maux de tête et une forte envie de frapper un à un tous ces incapables de médecins.
Apparemment, c’était un virus très contagieux, mais je restais le seul cas et personne ne pouvait rien faire. Je ne pourrais plus jamais dormir : à la place, pour évacuer une part de fatigue, d’énervement et de douleur, je pleurais, toutes les nuits.
À force, mes paupière se sont arrachées, mais de toute façon, je n’en ai plus besoin.

Il y a encore peu de temps, j'ai commencé à voir rouge, du sang sortait de mes yeux... Quelques heures plus tard, j'étais aveugle. Mais je m'en fichais, j'allais mourir. Il est 11 heures et les cloches de Paris sonnent, je pense que c'est mon dernier jour. Je n'ai pas dormi depuis 1 semaine, je ne pourrai plus dormir, il faut que je me fasse une raison.
Je souffre, mes yeux se sont infectés, les médecins disent que je développe une sorte de gangrène qui, dans quelques heures, atteindra mon cerveau... Je mourrai alors dans d'horribles souffrances, des convulsions, etc...
Je suis en train de m'en aller, je suis paralysé, je ne peux plus bouger, adieu, je veillerai sur vous... de là-haut. Je vois les scientifiques paniquer, la fiole contenant mon virus est tombée.


Comme c'est dommage, ainsi le monde ressentira la souffrance de ne plus pouvoir dormir. Vous me rejoindrez alors là-haut.  

L'auteur n'a pas signé ce texte.

Je vous avais supplié

« S'il-vous-plaît, je vous en supplie, » dis-je. Mais le bourreau ne fit que soupirer et m'adressa un regard empli de tristesse tandis qu'il insérait l'intraveineuse dans mon bras. 

L'aumônier s'assit à côté de moi. « Une fois qu'il aura pressé le bouton, l'injection vous sera administrée coup sur coup. Vous perdrez connaissance dans trente secondes environ, puis vous mourrez peu après, m'expliqua-t-il, quand bien même je l'avais déjà tant entendu auparavant. Un dernier mot ? » 

« Encore une fois, je vous supplie de ne pas faire ça. » 

L'aumônier hocha tristement la tête, déçu que je ne fisse pas face à mon bourreau avec bonne conscience. 

C'est pourtant la vérité. Je n'avais assassiné personne. Cela avait été comme ça toute ma vie. J'ignorais pourquoi, mais à chaque fois que je me faisais mal accidentellement, les personnes à côté de moi se blessaient. Une fois, je m'étais coupé avec une feuille en classe et les trois personnes autour de moi avaient saigné des doigts. Au lycée, j'avais eu un accident de voiture, et même si c'était mon côté qui avait été heurté, ma copine avait eu la jambe cassée. 

J'avais toujours été très prudent. Je prenais soin de moi, et j'essayais de rester au meilleur de ma forme. Mais lorsque j'avais été agressé par ces personnes et que l'un d'eux m'avait tiré dans le visage, les leurs ont explosé, pas le mien. Et quand la police était arrivée, ils m'avaient trouvé à genoux devant leurs corps, me demandant quoi faire en tenant leur arme. 

Environ trente secondes après le début de l'exécution, je vis le bourreau et l'aumônier tomber sur le sol en un bruit. « Je vous ai supplié », répétai-je tristement.

Texte traduit par Aridow

Texte original

Spotlight : La route silencieuse

Je veux vous dire quelque chose. Quelque chose de très utile. Actuellement, je suis avec une jambe et un bras cassés. Assis dans une vieille maison en ruine. Mais peu importe pour l’instant. J’ai quelque chose de plus important en tête.


Pour commencer, mes amis et moi étions ivres quand c’est arrivé, j’étais le moins ivre de la bande et également le seul qui se souvenait de l’accident. Nous étions quatre et tous assis dans un van. Bien que je fusse le plus sobre, ce n’était pas moi qui conduisais, c’était Jimmy. Je sais que la conduite en état d’ivresse est illégale, mais il n’y avait pas de policiers aux alentours. Jimmy nous conduisait dans une mauvaise rue. Et c'est la dernière fois que j’y suis allé. Il percutait des poubelles et des boîtes aux lettres. Je suppose que j’étais le seul à me préoccuper des dégâts que ça causerait.


Andy, un de mes autres amis, a presque ouvert la porte du van en entier et est tombé. On ne l’a pas remarqué tout de suite, et c’est au bout d’un moment que Jimmy s’est arrêté. Nous étions tous conscients maintenant du danger de se faire arrêter. Puis on l’a vu. On a crié son nom, puis couru vers lui, mais il ne nous regardait et ne nous répondait pas. Il était juste assis là, fixant droit devant lui. Il était comme gelé et sa peau était aussi pâle que la mort. Plus loin se trouvait cette créature non-humaine qui n’était plus notre ami. Il s’est levé et a commencé à se rapprocher de nous, et nous avons pu noter quelque chose d’encore plus horrible. Ses jambes étaient maigres et décharnées. Son corps était déchiqueté et ses organes pendaient. Il n’avait pas de cheveux et ses yeux étaient exorbités. Quant à sa bouche, elle semblait cousue. Cody, celui à l’arrière, a commencé à paniquer et a hurlé à Jimmy de démarrer. Mais il était là, en train de le fixer. C’est là que cette créature a commencé à courir vers nous. Nous étions vraiment affolés, et Jimmy restait là comme un idiot et ne démarrait pas le van. C’était trop tard.


Le monstre était en train de grimper sur notre pare-brise. J’ai pris le volant et ai essayé de l’écraser contre un mur en face. J’étais paniqué et n’y arrivais pas, et nous avons percuté une maison. Cody est alors sorti et s’est enfui par une fenêtre des maisons et nous a laissés en plan. Mais je le remercie d’avoir fait cette action stupide, car le monstre a détourné son attention. Il a commencé à le poursuivre dans l’ombre. Nous avons entendu un cri rauque et avons su que Cody n’était plus. J’ai réessayé de conduire mais ça ne démarrait pas. Nous savions que nous devions prendre des mesures désespérées alors nous avons laissé l’engin pour aller demander de l’aide au commissariat, mais il y avait beaucoup de brouillard. On ne pouvait pas voir à 3 mètres, et le fait que nous n’avions pas eu d’accident m'a donc étonné.


Pendant la fuite, nous avons perdu la trace d’Andy et je savais que si le brouillard persistait, je perdrais Jimmy également. Nous avons passé un moment à crier son nom mais il ne répondait pas. Deux minutes plus tard nous avons entendu un son horrible tout près de nous : un cri suivit d’un bruit de chair qui tombe au sol. On a couru aussi vite que possible pendant au moins une demi-heure, et aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avons entendu une ambulance. J’ai arrêté l’ambulance et nous sommes montés. Mais c’était vraiment bizarre : comment une ambulance avait-elle pu nous trouver ? Quelqu’un l’avait-il alertée ? J'ai laissé tomber. Ils m’ont demandé ce que nous faisions ici, mais un éclair de lucidité m'a traversé l’esprit : ils ne croiraient jamais à notre histoire. L’ambulance a appelé la police pour nous déposer, et au fur et à mesure que nous arrivions, le brouillard se dissipait. En descendant nous avons senti une horrible odeur, comme de l’œuf pourri. Ensuite nous avons vu le corps d’Andy. Son estomac était sorti et ses tripes éparpillées, sa figure déchirée et ses jambes écorchées. Peu importe quelle créature c’était. Mais ça prend les tripes et la chair des humains pour les mettre sur son propre corps. Après ça ils nous ont forcés à dire ce qui s’était passé, et nous l’avons fait. Jimmy a disparu inexplicablement une semaine après l’accident. J’ai le sentiment que ça me poursuit mainte…
Traduction de Teru-Sama

Le texte original était ici, toutefois il a été supprimé car il ne répondait plus aux standards de qualité. Comme quoi, même en 2013, le système de sélection sur CFTC n'était pas parfait.